Archive pour juillet 2010
Aprés Roth, Zurich, Nice, il me fallait déjà faire un choix pour 2011. En 2011, j’ai décidé de faire l’Ironman de Francfort. Francfort c’est la course des championnats d’Europe distance Ironman et c’est également la course que j’ai choisi pour tenter de me qualifier pour Hawaï. L’objectif est clair et d’ici le 24 juillet 2011 il va me falloir travailler durement. Certes la tâche ne va pas se faire aisément car le niveau recquis est élevé mais je ferai de mon mieux. Pour cela je vais revoir, modifier, affiner, apporter quelques petites choses dans ma préparation dans le but de faire une grosse course. L’objectif est un rêve que je compte vous faire partager, espérons qu’il se réalisera!!! A présent il me reste 365 jours…
Après une telle préparation, une telle course et une petite déception il me faut récupérer physiquement et psychologiquement. Je me laisse 3 bonnes semaines et ensuite je reprendrai l’entrainement et les courses. Au programme, quelques courses de vélo, le Trail de Compiègne en septembre et le triathlon courte distance de Arras en septembre également. Pour octobre rien n’est déterminé mais nul doute que je trouverai…
C’est le mercredi 23 juin en soirée que je suis arrivé à Nice avec une grosse envie de bien faire. Le fait d’arriver comme cela en avance devait me permettre de bien visualiser le parcours, de m’acclimater et de rentrer progressivement dans la course. Jusqu’au samedi la pression est montée tout doucement avec l’objectif de m’approcher des 10 heures et de prendre du plaisir.
C’est à 6 heures 30 le dimanche que le départ a été donné. 2700 partants dans une mer bleue et parfaitement calme à de quoi vous donner des frissons. Les 1000 premiers mètres ne sont pas aisés car il faut faire sa place, bien se repérer et trouver son allure. Ensuite, les sensations sont là et plus les mètres défilent et plus je me sens bien avec de bons appuis dans l’eau. A la sortie de l’eau le chrono parle: 1h08 et je suis dans les 700 premiers. Tout en sachant que ce n’est pas mon point fort je sors donc de l’eau en pleine confiance pour la suite de la journée. Les premiers kilomètres en vélo se font à une vitesse avoisinant les 38 Km/heures tout en commençant à s’alimenter pour la suite des évènements. Au 20° kilomètre arrive la première difficulté et je l’aborde sans m’affoler. Tout se passe bien, je gère bien mon effort et au 40° je commence réellement à me mettre dans l’allure et à monter en puissance. Je décide de me mettre la tête dans le guidon (comme on dit) et de bien faire tourner les jambes. Et en une seconde tout s’écroule, je percute la roue arrière d’un tourite en Vtt, je fais un soleil avec mon vélo et me retrouve donc sur le bitume avec quelques plaies. Mais je ne suis pas le seul a être abîmé, mon cintre est plié, mon passe-vitesse arrière est cassé, le dérailleur arrière est plié et mon boyau avant est crevé. Au delà de cette péripétie mécanique c’est mon moral qui est fortement atteint et tous mes efforts de ces 6 derniers mois se voient remis en cause. Tous ces entrainements visant à me rapprocher des 10 heures ne m’auront servis à rien si ce n’est de finir cet Ironman. Mais, loin d’être prétentieux, je sais maintenant depuis quelques années que je peux finir un Ironman et que l’objectif second est de faire une bonne place. Je répare donc mon vélo avant de repartir et à partir de cet instant je ne serais plus dans la course, jamais la tête ne parviendra a évacuer cette déception morale. Les 130 derniers kilomètres vont être longs, d’autant plus que je ne peux plus exploiter mon vélo à 100% pour raisons mécaniques. La frustration est ENORME et lorsque j’arrive au parc vélo pour la transition vélo/course à pieds je ne sais plus si je dois continuer. Il me faudra tout le soutien de Marie, Lilou et Lola pour finir cette 3° étape de mon périple européen. Au delà de la petite famille, ce sont mes partenaires et tous ceux qui me soutiennent toute l’année qui m’auront permis de finir cette course et de franchir une fois de plus cette ligne d’arrivée. Certes je finis 466° mais ma place était dans les 150 premiers…
Avec le temps la déception passera, il faudra tirer les leçons et les bénéfices de cette journée. A ce jour la seule chose que je sais c’est que la passion est toujours là et que je compte bien continuer à vous la faire partager.
